10.12.2009
Do you Spike Jonze?
Parmi les flopeés de livres que l'on pourra bientôt voir au lieu de lire, après notamment l'énorme machine Arthur : La Vengeance de Maltazard, Max et les maximonstres (1964) de Maurice Sendak débarque le 16 décembre en version Spike Jonze co-produite par Maurice Sendak et Tom Hanks qui, comme chacun sait, est l'idole de Martine Pouchain. Après l'échec du projet Disney de 1983, semi-réalisé par John Lasseter, ce nouveau produit devrait plaire aux prescripteurs en général et aux parents en particulier : selon Allocine, "à la projection test du film, plusieurs enfants se sont mis à pleurer, certains sont même sortis de la salle. Devant ces réactions, la Warner a demandé à Spike Jonze de retourner certaines scènes de son film, puis de le remonter totalement." Notez, grâce au CRILJ, que "la médiathèque de Casseneuil présente l'univers (sic) de Maurice Sendak jusqu'au 12 décembre" en invitant à découvrir "La Chambre de Max" via une "scénographie réalisée par Michel Toussaint, plasticien, d'après Max et les maximonstres."
BF
PS : sinon, Henri Courseaux, chansonnier réservé à ceux qui ne logent pas leur cerveau (ou ce qu'il en reste) dans leurs chaussettes, sera en concert le 21 décembre au Théâtre 13, à Paris. Comptez 11 ou 15 €, si vous y parvenez. Rens. ici.
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03.12.2009
D'après top modèle
C'est Le Figaro littéraire du 26 novembre 2009, p. 3, qui a levé le lièvre - ou plutôt la hase. Ancienne du master 2 professionnel de littérature pour la jeunesse de l'université du Maine, Rosalind Elland-Goldsmith va participer en fanfare à la mode des remakes pour la jeunesse et les prescripteurs. Tout en préparant un doctorat sur l'adaptation des « classiques de l'enfance », elle a remixé la Comtesse de Ségur dans un produit à paraître en avril 2010, car « cent cinquante ans après avoir lancé la "Bibliothèque rose", Hachette » souhaitait publier « le tome I des Nouvelles Petites Filles modèles » réécrites en « un été et sept volumes » contre « quatre ans et trois livres » pour la comtesse. Cette initiative, marquée du sceau de Charlotte Ruffault et intégrée au travail entamé par la remixeuse autour des vieilles séries de l'éditeur, s'intègre à une logique de rentabilisation des marques à succès goûtée par l'édition (voir par ex. Les Nouvelles Aventures de Candide de Laurent Degos, un des premiers titres publiés jadis par les éditions Le Pommier) et dont nous pouvons citer deux exemples récents.
D'une part, le remix d'Orgueil et préjugés intitulé Orgueil et préjugés et zombies, se serait vendu à 1 million d'exemplaires en quelques mois aux États-Unis et aurait donc été traduit en 18 langues, dont le français (Flammarion). Ce succès a suscité comme de coutume les chougneries des journalistes bien-pensants, oscillant entre pédagogie (« si d'aventure des adolescent(e)s (sic) s'entichaient du roman phare de Jane Austen, cette mode néoromantique se révèlerait excellente », selon Alain Beuve-Méry dans Le Monde des livres, 30 octobre 2009, p. 1) et racisme anti-américain (« c'est du plus mauvais goût mais les Américains en raffolent » : la preuve, « Raisons et sentiments et monstres marins est paru le 15 septembre [2009] » chez le même éditeur, Quirk Books)... à vocation patrimoniale (« au secours ! Pourvu qu'ils ne massacrent pas notre Princesse de Clèves ou Le Lys dans la vallée ! », priait Le Figaro littéraire le 29 octobre 2009, p. 7).
D'autre part, « l'universitaire Bertrand Rothé » a « repris la trame » d'un classique « pour mettre en scène quelques sauvageons contemporains et montrer quel sort leur réserve la société ». Dans Le Figaro du 6 août 2009, p. 13, Sébastien Lapaque commente la lecture de Lebrac, trois mois de prison (Le Seuil, 2009) en ces termes : « Plus encore que de vieux souvenirs de lecture, ce sont des images qui nous restent de La Guerre des boutons, cette Iliade rurale entre gamins ensauvagés, celles de l'adaptation au cinéma du roman de Louis Pergaud par Yves Robert sortie en 1962. » Résumons pour les amateurs de poly-exploitation : Lebrac... est la livrisation pour adultes de la sequel (Rothé) d'une filmisation tout-public (Robert) d'un livre original pour la jeunesse (Pergaud). Reconfirmation : le livre est un film comme un autre, ou peut, si sa marque est assez impactante et susceptible de toucher jeunes et vieux, le devenir...
Question : le tripatouillage des sources, dont l'objectif commercial est bien compréhensible, n'est-il pas le prix à payer à l'idéologie stupide qui veut qu'un texte soit intéressant dès lors qu'il paraît "incroyablement moderne" ?
BF
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30.11.2009
Lisez des films !
Dans la collection "Folio Junior", vous pouvez piocher "Folio Junior Cinéma", constitué d'une "édition limitée de 6 coffrets DVD-livre" pour 14,5 €. Il s'agit avant tout de produits signés d'auteurs prescrits par l'école, tels Roald Dahl et Dick King-Smith, et valorisés par la nostalgie, des Quatre filles du docteur March aux Disparus de Saint-Agil. Les livres sont tantôt des livres filmisés, tantôt des films livrisés (Billy Elliot). Le projet fait écho aux douze coffrets de "Folio cinéma". Ces derniers permettent de poser "le vieux débat de l'adaptation" qui serait : "Faut-il lire le livre en premier ou voir d'abord le film" avec, en prime, "au milieu, des présentations (...) qui pratiquent l'aller-retour entre film et livre" (Le Point n° 1938, 5 novembre 2009, p. 142). Qui doute encore que le livre soit un film comme un autre ?
BF
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29.11.2009
Quand Mackler m'éclaire
Que serait un auteur sans Internet aujourd'hui ? Sans doute rien de plus qu'un pâtissier concoctant un clafoutis aux griottes et s'apercevant qu'il manque de griottes. En effet, le mythe du buzz éToilé comme fondateur d'un succès suscite des jeux-concours en(con)courageant l'interaction entre auteur et lecteurs.
En témoigne l'initiative de Carolyn Mackler, spécialiste de la Terre, de ses fesses et d'autres choses dodues (Gallimard Jeunesse, "Scripto"). Ce défi, que l'on nous signale à l'instant, invite les cyberlecteurs à gagner un exemplaire dédicacé de Tangled (Harper Teen), sa nouvelle oeuvre, qui sera mise en vente fin décembre. Pour obtenir la dédicace de cet auteur hyperbranché (site, blog, Facebook, Twitter), avec en sus son ouvrage autour, il faut en assurer la promotion en mentionnant quatre éléments : que Caro sort un nouveau roman et qu'il s'appelle Tangled, que le livre sera dans les bacs le 29 décembre, que l'auteur a un site, et que le roman a une couverture (que l'on admirera à la senestre de ce post) sans doute parce qu'il fera fort froid fin décembre. Et le tout urgemment, comme vous l'enjoint ce post auctorial !
Néanmoins, je vous remercie de n'en rien faire, afin d'augmenter mes chances de l'emporter. Nan, je suis bon perdant, c'est pas la question, mais je suis encore meilleur quand je gagne.
BF
PS : en agrandissant la vignette (attention ! une vignette n'est pas une petite vigne, de même qu'une piquette n'est pas une petite pique, même si elle sort toujours d'une petite vigne, et non d'une vignette), vous découvrirez le nom véritable de Lemony Snicket, si vous n'êtes pas des wikipédianautes.
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28.11.2009
Maquille à la vanille
Qu'est-ce qu'un livre pour ados ? Un produit pas forcément papier, dont l'héroïne a treize ans et donc qui parle de maquillage. C'est en revendiquant cette définition que l'auto-surnommée "mitraillette" Marie Desplechin a écrit La Belle Adèle, un feuilleton de 35 épisodes de 4000 signes pour SmartNovel. Mis en lumière par le "JukeBox" du Salon de Montreuil, le nouveau produit de l'auteur vedette de Verte est à découvrir sur le site de l'éditeur numérique mais aussi à travers l'entretien, étonnamment amateur dans sa réalisation, proposé ici.
BF
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21.11.2009
Disque et pyjama rayés
Une ancienne étudiante, accro à Gallimard Jeunesse (ce dont nous la remercions), nous signale la réédition en semi-poche (environ 9 € avec les 5 %) du Garçon en pyjama rayé. Ce livre réunit plusieurs caractéristiques intéressantes des produits actuels pour la jeunesse, outre la perpétuelle reréédition des best-sellers : un, le thème, chéri de l'Éducation nationale ; deux, la poly-exploitation, puisque le livre a été filmisé ; trois, la tentation du cross-over, puisque le livre est réédité sous la seule marque Gallimard, afin que les adultes n'aient point honte de fréquenter la jeunesse. Mais qui a encore honte ? Il paraîtrait même que quand un adulte viole une mineure, s'il est très riche et célèbre, il a le droit d'être défendu par un ministre très culturel qui aime à discuter avec les petits garçons, même sans pyjama rayé, quand il fait du tourisme. Alors...
BF
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19.11.2009
Quand les moules auront des gants
Delachaux et Niestlé ont lancé à la rentrée une nouvelle collection de documentaires sur "des thèmes scientifiques complexes à la portée des enfants de 5 ans". Les devinettes permettent aux "spécialistes de l'éditeur" (dont l'éditeur de la collection) de "mettre à la portée des plus jeunes des notions habituellement abordées au collège". Le produit est en fait destiné aux parents et aux enseignants, comme l'indiquent les titres et le cahier final de huit pages visant,"sous forme d'activités", à "approfondir le sujet et répondre aux questions qui ne manqueront pas d'être posées". Compter un peu moins de dix euros pour 96 pages imprimées en Chine.
BF
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15.11.2009
16 filles et 4 jeans
C'est le livre par lequel la chick litt grand format a percé en France. A l'origine, ce livre était quatre. Il a désormais fusionné pour devenir un seul "gros livre" de mille pages signées Ann Brashares et traduites avec un savoir-faire persévérant par la sympathique Vanessa Rubio. Quatre filles et un jean revient, énorme et économique (moins de 25 € avec les 5 %). Cette réédition, que nous signale une Ancienne, manifeste premièrement la persistance de la mode des gros livres constitués de plusieurs volumes, deuxièmement la vogue encore présente des produits pour fifilles, et troisièmement l'ingéniosité, s'appuyât-elle sur de grosses ficelles, des éditeurs capables de développer des séries après la fin des séries : hors série, rééditions groupées, éditions de luxe, éditions de poche en coffret, déclinaisons sous d'autres genres (albums, BD, livres audio), etc. Tout est bon dans l'pognon, et que celui qui n'a jamais eu faim aille chougner ailleurs contre les méchants spécialistes de l'art de faire du fric avec des best-sellers. Toc.
BF
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10.11.2009
Quand l'âme ou l'sort sied
Que ceux qui s'intéressent aux romans pour la jeunesse s'apprêtent à filer sur Amazon ! Nous allons évoquer le roman à lire en ce moment pour réfléchir aux grandeurs et limites des livres pour la jeunesse. En effet, avec Amour sorcier (Flammarion, 262 p., 13 €), Martine Pouchain signe un ouvrage à double tranchant.
Tranchant numéro un, le business. Il s'agit d'une sorte de polar médiéval teinté d'eau de rose et d'un soupçon de fantastique. On retrouve donc les ingrédients chéris des éditeurs pour la jeunesse : la cible est résolument féminine (sur la première de couverture, l'héroïne apparaît seule en gros plan, dans des tons sinon roses du moins saumonés), elle peut s'approcher du scolaire (ah ! l'époque médiévale, sujet de la première trilogie gallimardienne de Martine Pouchain ! ah !) et des modes sectorielles en vigueur (sorcellerie + amour comme l'indique le titre, etc.). L'histoire ne tord pas le cou à ce contrat de lecture, ce qui est plutôt sympa pour lui. En 1097, dans la forêt de Brocéliande, Ana, ado en voie avancée de féminisation, rêve d'épouser son grand ami le futur comte de Lohéac quoi qu'elle soit fille de métayer. Mais le beau Luern part en croisade ; son frère Bran le simplet rêve d'Ana ; Caï, un sorcier boiteux, arrive ; Ana a des visions ; des meurtres à tendance pédophiliques se produisent ; des brigands débaroulent ; la méchante quoique fort accorte seigneuresse d'à-côté est prête à tout pour mettre Luern sous sa coupe, s'il revient un jour ; le vilain sorcier n'est pas si vilain que ça : il forme Ana aux joies simples des simples et trouble la belle héroïne, qui n'est peut-être pas qu'une simple fille de métayer... Il s'agit donc bien d'un roman historique pour « filles », mais version agitée et nerveuse, très efficacement mené par une romancière rouée dont le talent pour embarquer le lecteur dans son histoire n'est pas sans évoquer celui à l'oeuvre dans les meilleurs romans de Marie-Aude Murail, référence s'il en est.
Le tranchant numéro deux est celui du genre qu'est « le livre pour la jeunesse ». En effet, avec ce livre en apparence très conforme aux attentes éditoriales, Martine Pouchain réussit ce dont rêvent quelques olibrius, à savoir distiller assez de venin dans la veine principale pour déformer le corps tout entier. Or, le corps est au cœur du récit selon deux aspects : d'une part, sa finitude (la mort, violente ou non, est discrètement omniprésente dans ce texte : mort du père d'Ana, mort de la sorcière d'antan, mort des victimes des brigands, mort des corps retrouvés étranglés et violés, mort de la comtesse, mort provisoire de l'esprit du comte, etc.) ; d'autre part, son infini, incarné par le désir et ses effets magiques. Rarement roman pour la jeunesse fut à ce point saturé par la sexualité. Rêves érotiques, récits quasi masturbatoires, ambitions copulatoires, frottements des corps, montées du plaisir, plaisir des désirs impossibles car incestueux, consommation de l'interdit par le prêtre, fantasmes devenus fantastiques... Eros et Thanatos s'entrelacent et s'entrelardent, soutenus par la construction d'un récit où les soixante-dix chapitres saccadés se succèdent si vite que l'auteur préfère les numéroter et annoncer la focalisation (principalement centrée sur Ana, mais sans exclusivité) plutôt que de leur donner un titre - et elle a raison.
Cette violence subsume, ce qui est classe, l'apparent conformisme d'un roman taillé sur mesure, jusque dans l'ouverture promise vers « une autre histoire », autrement dit une suite. Elle balaye les réticences qui pourraient naître des tics d'écriture qu'un éditeur consciencieux aurait pourtant dû pointer afin de réfléchir, avec l'auteur, à des sèmes substitutifs aux inévitables mots et expressions récurrents (signalons notamment « bien », « un peu », déjà », « tout », « un peu », « faire » avec des pointes à 10 occurrences du verbe pp. 176-177, par ex.). Elle nous fait oublier les coutures propres au roman pour la jeunesse, des sempiternelles « première fois » aux « je ne peux m'empêcher de », en passant par les questions rhétoriques que les personnages se posent (il nous semble que trop de questions tuent la question à force de vouloir l'expliciter, type : « Luern est revenu. Alors, pourquoi mon cœur ne manifeste-t-il pas plus d'allégresse ? », allons, Martine, allons, fin de chapitre p. 158), les mises en attente banales (« je répondrai à tes questions quand le moment sera venu », 100, argh), les pivots narratifs attendus (« il en a trop dit à présent et pas assez », 213, bouh), etc. Au contraire, ces défauts, sans doute au moins pour partie volontaires, deviennent savoureux dans la mesure où ils semblent être autant de gages de conformité offerts par l'auteur afin de se permettre, entre deux figures imposées, de développer une narration souvent audacieuse voire subversive. Les quelques fautes de relecture (par ex. : « Allons, fait un effort », 146 ; ou « Parle-moi, je ne veux rester consciente », 242) s'oublient vite au profit des deux qualités évidentes du roman : le redoutable talent de raconteuse d'histoire qu'a Martine Pouchain ; et son art de parler du corps aux jeunes sans effrayer les prudes adultes que nous sommes et à qui l'auteur rappelle, avec Claude Nougaro, que l'amour sorcier est gai, gai, gai. Et violent.
Heureusement, d'ailleurs, sinon, il n'y aurait pas de romans. Jamais.
BF
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03.11.2009
Dans ton docu
Le documentaire est peu étudié dans cette colonne ? Par chance, Françoise Hache-Bissette, qui est en quelque sorte le totem de ce blog, nous signale le développement chez Gallimard Jeunesse, sous la direction éditoriale de Thomas Dartige, de la collection "Tothème" qui, selon l'argumentaire, "propose des kits de savoir" à partir de neuf ans.
Chaque volume inclut "60 notions-clés réparties en familles (dates, personnages, inventions...)" avec "peinture et captures de jeux vidéo" en guise d'icono (pas d'insulte). Selon l'éditeur, les jeunes vivent dans un "univers de référence culturel qui se complexifie", ce qui est drôlement plus compliqué qu'un univers, déjà, qui se complique, encore pire. "L'école, les loisirs culturels, les magazines, Internet, la télévision, le cinéma, les jeux vidéo sollicitent leur imaginaire et éveillent leur curiosité, mais ce flux continu d'images et d'informations n'est pas toujours intelligible. Dans un monde saturé de savoir [ah bon ?], le livre n'a jamais été aussi utile" afin "d'exercer son esprit critique de manière active, éclairée et citoyenne."
Compter 13,9 € pour les 96 p. de ces volumes, où l'art citoyen côtoie le Moyen Âge citoyen, les religions citoyennes, l'environnement citoyen, l'automobile citoyenne et le football citoyen. Rappelons à toutes fins utiles, pour ceux qui n'auraient pas les moyens citoyens d'acheter ces ouvrages citoyens, que "Marseillais, enculés, le PSG va vous défoncer" est footballistique mais non citoyen. Mais alors, carrément pas.
BF
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