31.03.2009

La fée passe l'éponge

LILI.pngBranding, quand tu nous tiens ! Françoise Hache-Bissette nous confirme que les produits pour la jeunesse renforcent leur présence en presse via la déclinaison de marques déjà installées. En témoigne le lancement de deux nouveaux magazines. D'une part, pour les "petites princesses" de 3 à 8 ans, "la fée Lili-Rose" tente de s'implanter sur le marché français pour 4,9 €, incluant un plus produit "féérique" (une BOB.pngbaguette magique pour le premier tome). D'autre part, pour les ménagères et les petits garçons, "Bob l'éponge" débarque avec "blagues, BD et jeux" et un plus BERNASCON.jpgproduit optique à découvrir dès le 1er avril pour 3,95 €. C'est Bayard qui développe ce produit Nickelodeon.
BF
PS : pour les amateurs de musique pas chère, un concert est proposé le 3 avril, à découvrir en cliquant sur l'image de gauche.

Commentaires

Bonjour, monsieur.
Étant à la fois une ménagère (si, yé fais le ménache !) et un petit garçon (parce que j'aime trop pas les filles), je me suis empressée de lire le magazine de mon pote Bob. Je ne vous cache pas que le plus drôle, ce sont les lunettes vendues avec, à ceci près que les gens qui ont un fossé entre les deux dents de devant, les chanceux donc, sont plus crédibles en Bob que les anciens zados victimes d'une restauration sauvage des chicots au milieu des années 90. Pour le coup, et c'est encore plus flagrant avec des vêtements jaunes, ils ressemblent davantage à Bart Simpson - ce qui est sympa aussi, notez-le bien -, d'autant que les lunettes sont noires (alors que Bob a les yeux bleus ! Sont pas physionomistes chez Bayard). Un conseil, donc, à tous ces zados que nous sommes (ou fûmes), le port de la cravate, ou du slip kangourou, fait toute la différence: "Be a real sponge !" Nickelodeon, qui avait stupidement suspendu ses programmes un dimanche de mars, pendant le Salon du livres de Paris, dans le but d'inciter les jeunes téléspectateurs à lire un livre, se refait donc une réputation auprès de moi-même, qui puis vous assurer que si Dorothée m'avait fait un coup pareil il y a dix ans, je lui aurais sévèrement quiché la tête: c'est pas parce qu'on est forcé de manger de la merde qu'on finit par trouver que ça a bon goût (bongour !).
Cordialement,
Rozenn Douerin.
PS: ne tentez pas de déconcentrer les automobilistes en leur faisant des coucous avec votre parure Bob l'éponge: ça ne marche pas du tout. Ou bien les conducteurs ne tombent pas dans le piège (rapport aux yeux pas bleus), ou bien ils pensent que vous êtes stupide. Mais comme dirait Forrest, en VF, "n'est stupide que la stupidité."

Écrit par : Rozenn Douerin | 05.04.2009

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Mademoiselle,
Avec les lunettes de Bob l'éponge, peut-être avez-vous trouvé l'astuce qui sauvera la presse pour la jeunesse !
En effet, selon "Le Monde" (article en ligne le 25 mars 2009 à 15 h 46, nous apprend Françoise Hache-Bissette), "les adolescents désertent la lecture des magazines au profit de l'ordinateur, qui est devenu le premier écran regardé par la jeunesse, devant la télévision. La tendance n'est pas nouvelle, mais elle se confirme à travers les chiffres de diffusion de l'OJD, rendus publics mardi 24 mars. Dans un marché de la presse magazine qui a baissé de 2,8 % en 2008, les titres pour enfants et adolescents sont parmi les plus touchés avec des reculs respectifs de 4,3 % et 7,54 %."
Quasi disparition de Dorothée oblige peut-être, "la presse de fans est particulièrement concernée : 'Fan 2' (- 15 % en 2008 par rapport à 2007) baisse régulièrement depuis 2004. 'One' (- 23 %) et 'Séries Mag' (- 26 %) reculent aussi. Une partie du lectorat s'est tournée vers les magazines people destinés aux adultes. D'autres titres plus classiques chutent de manière inquiétante : c'est le cas de 'Phosphore', édité par Bayard Presse, dont la diffusion totale baisse de 28 % en 2008. Ce mensuel a augmenté son prix de vente en 2008, mais cette décision n'explique pas à elle seule un tel recul. Pour cette tranche d'âge, la concurrence d'Internet se révèle redoutable. Agnès Rochefort-Turquin, directrice de recherche et études chez Bayard Presse, pointe du doigt l'importance des réseaux sociaux, du type Facebook ou MySpace : 'C'est là que les choses se passent. Les jeunes y consacrent énormément de temps et sont moins disponibles pour la lecture d'un magazine.' La dernière étude Consojunior de TNS montre que 89 % des 15-19 ans sont internautes."
Toutefois, la baisse n'est pas uniforme, contrairement à une blouse blanche à l'hôpital, par exemple : "Lorsque le lectorat est plus jeune, les titres résistent mieux. C'est le cas d' 'Okapi' (+ 5 %), qui s'adresse aux collégiens ou de 'Science et Vie junior' (+ 2,7 %), publié par Mondadori, qui concerne les 12-16 ans. Son rédacteur en chef, Jean Lopez, a du mal à expliquer la bonne tenue de son magazine : 'Nous n'avons pas de site Internet, nous n'avons pas fait d'efforts marketing, la formule date de 2007...' La seule explication plausible (...) est que [ce 'support'] apparaît comme 'une valeur refuge, un investissement indispensable aux yeux des parents, sans équivalent sur Internet'."
Néanmoins, "quatorze ans serait l'âge du décrochage, selon Mme Rochefort-Turquin : 'Les adolescents conquièrent une vraie autonomie. Ils vont sur Internet librement. Ils consacrent en moyenne 25 euros à leur forfait de téléphone portable et achètent peu la presse.'" Pour Jean-François Barbier-Bouvet, "la diffusion baisse alors que l'audience se maintient, ce qui montre que les magazines circulent davantage. Les ados ne les achètent pas mais se les passent." Ils consommeraient en revanche les "quotidiens gratuits, deux fois plus que la moyenne nationale selon les enquêtes d'audience." Le ludique sauvera l'écrit, assure Bayard : "Il arrive un moment où les jeunes en ont assez de l'écran, note Mme Rochefort-Turquin. Le magazine devient alors une récréation." Et si l'on pensait de la même façon pour l'édition, en se rappelant que, plutôt que de remplir en priorité des fonctions psychiatriques ou pédagogiques, le livre pourrait valoriser avant tout ses fonctions de divertissement artistique ? De là à offrir une prime produit pareille aux lunettes exorbitées (?) de Bob à tout acheteur de "La Puissance du dragon", il y a hélas un pas et, surtout, un p'tit souci pécuniaire à franchir !
Cordialement,
Bertrand Ferrier.

Écrit par : Bertrand Ferrier | 05.04.2009

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Monsieur,
Je ne souhaite à aucun prix sauver la presse pour la jeunesse. Comme je ne ferai rien, d'ailleurs, pour sauver la littérature pour les jeunes (en plus, je ne vois pas ce que je pourrais faire !). On peut ne vouloir vendre que de la merde, c'est un choix. On peut considérer que c'est aux enseignants de faire de la littérature, c'est un choix. On pourra aussi considérer que le rôle des enseignants doit s'étendre bien au-delà: aux jeux, au cinéma, au sport, etc. Tout repose sur la pédagogie, les instit' sont merveilleux, et enseignant est le plus beau métier du monde. Dans un tel contexte, on ne peut que souhaiter que le livre se fracasse la tête, que les jeunes n'aillent plus en bibliothèque que pour voler les journaux et s'en servir ensuite comme papier toilette, et au CDI pour occuper les p'tits fauteuils en mousse pendant les récrés, parce que l'hiver, dehors, il fait froid. Y a combien de temps qu'on a pas lu un EXCELLENT roman pour ados ? Bref, ne nous énervons pas. En plus, je ne suis plus une ado, donc mon avis sur ce genre de roman, qui ne m'est pas destiné, n'a que peu d'intérêt. Allons tout de même lire "La Puissance du dragon", en espérant qu'il ne sera pas "étudié" en classe. D'ailleurs, il faudra d'abord qu'il soit proposé à la vente au grand public. Mais pas en grande surface, ça ferait du tort au "Petit Prince". Un véritable de cheffe-d'œuvre lu et approuvé par le grand Fulavalacci dont on parle ici http://www.youtube.com/watch?v=fV756mT5xh8 qui se foutait de la gueule du monde, lui aussi.
Cordialement,
Rozenn Douerin.
PS: Dorothée, qui ne cherchait pas à plaire à l'éducation nationale, elle, vendait très bien ses magazines (à 10 balles, à l'époque, et sans cadeau à l'intérieur). C'est pas pour la défendre, mais quand même...

Écrit par : Rozenn Douerin | 05.04.2009

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