17.10.2009
Galodé galvaude
S'adresser au public le plus large sans pour autant oublier de cibler une clientèle privilégiée, tel est l'objectif de tout éditeur et, en fin de compte, de tout auteur. Faisons le point sur les deux principales stratégies et demie de croisement des publics jeunes et vieux.
Premièrement, les produits pour la jeunesse revendiquent souvent le cross-over, c'est-à-dire la capacité de s'adresser aux adultes et aux enfants, via trois stratégies principales : la double exploitation en deux éditions distinctes, l'effacement des particularités connotant un produit pour la jeunesse et le développement d'un créneau pour nostalgiques (ex-jeunes devenus parents).
Deuxièmement, la tendance régressive peut aussi être exploitée dans les produits pour adultes, qui aiment sporadiquement à singer les produits pour enfants - ainsi des Cahiers de vacances pour adultes, parfois inspirés de produits pour la jeunesse (Cahiers de vacances du Petit Nicolas pour adultes publiés par Hatier). Signalons une deuxième stratégie et demie, constituée par la mode des "pastiches" que soutient, entre autres, Pascal Galodé. Au programme de sa collection dédiée : du Petit Nicolas et du Martine. Découvrez en cliquant ici comment les produits pour nostalgiques peuvent être détournés, c'est-à-dire rentabilisés, à coût prohibitif - si 10 € pour 24 p., c'est pas prohibitif...
Autant de perspectives qui témoignent, d'une part, de la quête bien compréhensible de la rentabilité (élargissement du public et / ou rentabilisation de la notoriété d'une marque) ; d'autre part, de la tendance à la vampirisation parentale et adulte sur le corpus qui nous intéresse. Deux éléments à garder en tête au moment d'analyser cette production !
BF
PS : pour les adultes aimant à réfléchir sur une autre tendance forte de l'édition pour la jeunesse, une journée autour de la traduction est prévue en décembre à Angers. Plus de rens. ici.
00:00 Publié dans Édition | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : pascal galodé, cross-over, martine, petit nicolas


Commentaires
Bonjour cher BF,
Je viens de lire votre billet au titre si neuf (on ne l'a jamais faite celle-là) et je me permets de vous signaler que le pastiche n'est pas en soi une stratégie et demie (quelle demie d'ailleurs). C'est un genre littéraire aussi vieux ou presque que l'édition tout public. Ce petit livre cartonné et tout en couleur est certes cher dans l'absolu, quand on ne connaît pas la valeur des choses mais derrière cet ouvrage il y a des auteurs (textes et dessins), des imprimeurs, des papetiers, des maquettistes, des attachées de presse, des diffuseurs, des distributeurs, des libraires, un éditeur qui y perd plus souvent qu'il n'y gagne contrairement à vos affirmations de néophyte et j'en oublie comme les correcteurs ...
Pour ce qui est de votre analyse économique (sans doute est-ce là un pastiche de votre part), je constate avec étonnement qu'elle fait donc preuve d'une totale méconnaissance de la chaîne de production d'un livre. Avant de laisser entendre qu'un éditeur s'enrichit facilement sur le dos des lecteurs (au demeurant assez stupides selon vous pour se laisser berner par du packaging), il vous faudrait appréhender la réalité économique d'une jeune et modeste maison d'édition. Il vous faudrait également et probablement réapprendre la valeur des choses. Je vous invite donc à venir en stage dans ma modeste maison au bord de la Manche( l'air marin vous fera le plus grand bien), je vous y formerai à la réalité et non aux discours et me ferai un réel plaisir de vous montrer le quotidien ainsi que les vrais chiffres de vente d'un livre en France.
Mille excuses pour ce ton agacé parfois, amusé souvent, mais ne prenez pas nos caricatures et nos pastiches pour autre choses que ce qu'ils sont : une dose de plaisir, une dose d'humour, une dose de passion.
Pour information, ce livre est un échec sur le plan commercial, mais nous en restons fier et nous nous sommes beaucoup amusé à le faire.
Je vous invite à découvrir très vite "Le petit monde de Nicolas" qui est un pastiche et contient 192 pages pour seulement 15 euros (belle affaire donc puisque nous devrions selon votre démonstration vendre les livres au poids). Il vient de sortir et il est vraiment pour les grands.
Vous avez mes coordonnées sur www.pascalgalodeediteurs.com
Très cordialement
Pascal Galodé
Ecrit par : Pascal Galodé | 20.10.2009
Répondre à ce commentaireMonsieur,
Je m'apprêtais à vous remercier d'avoir lu ce post, et je m'en excuse : de toute évidence, vous ne l'avez point lu.
Si ç'avait été le cas, goûtant fort la polémique intellectuelle ou éditoriale, je vous aurais répondu avec plaisir et sur le fond et sur la forme. Las, je ne vois pas en quoi votre missive vindicative répond à la partie du post qui vous concerne. Rappelons-la à toutes fins utiles...
"Signalons une deuxième stratégie et demie, constituée par la mode des "pastiches" que soutient, entre autres, Pascal Galodé. Au programme de sa collection dédiée : du Petit Nicolas et du Martine. Découvrez en cliquant ici comment les produits pour nostalgiques peuvent être détournés, c'est-à-dire rentabilisés, à coût prohibitif - si 10 € pour 24 p., c'est pas prohibitif..."
Résumons les points abordés.
1) Participez-vous de la mode des pastiches ? Assurément.
2) Détournez-vous des produits pour nostalgiques tels que "Martine" ou "Le Petit Nicolas" ? Certes. D'où le terme de "galvauder", dans le titre parophonique, reprenant le sens figuré attesté par "Le Robert" qui consiste à "employer un mot à la place d'un autre".
3) Peut-on considérer que 10 € pour 24 p., c'est cher ? Vous ne le contestez pas, arguant même, non sans facétie, pour une fois, d'un meilleur rapport euro / page pour votre nouvelle publication.
Dès lors, où donc est le problème ? Où sont les accusations d'enrichissement indû que je suis censé avoir proférées ? Où est la méconnaissance du monde éditorial dont vous m'accusez (connaître le monde éditorial, serait-ce louer votre travail au lieu de se contenter de le signaler ? I don't think so, comme dirait ou aurait pu dire Clint Eastwood, ou Éric Judor à la rigueur) ? Où est l'atteinte à votre impressionnante maîtrise de "la réalité" (ha ! la réalité !) ? Encore eût-il fallu me le montrer avant de monter sur vos grands chevreaux, ne croyez-vous pas ?
En conclusion, puisque vous me proposez de retourner à l'école de l'édition, projet malheureusement aussi sot que grenu, ce serait justice de ma part de vous inviter à retourner apprendre à lire les textes, ce qui peut être utile à un éditeur, n'est-il point vrai ? Ainsi pourriez-vous répondre avec plus de pertinence la prochaine fois qu'il nous prendrait fantaisie d'évoquer quelque nouvelle astuce éditoriale. En attendant, je le confesse, ne serait-ce que pour le plaisir d'employer ce mot, je serais, et vous l'avez supputé avec finesse, ravi d'aller prendre l'air marin, avec ou sans la compagnie d'un paterne austère se croyant investi d'une belle mission : m'apprendre les joies de l'édition et les techniques de l'humour (ou l'inverse). Las, contrairement aux "discours" auxquels vous faites allusion, il arrive aussi aux enseignants qui, en sus, travaillent dans ce milieu de l'édition dont ils sont censés tout ignorer, les bougres d'andouilles, de devoir rester à la tâche. La chaleur parisienne, le grand air manceau et les frimats rennais m'aideront à tenir jusque-là. Une autre fois, peut-être ?
(La tradition étant néanmoins de ne pas répondre aux réponses, la polémique, pour ma part, s'arrêtera là. Comme elle n'était fondée que sur une mauvaise lecture de mon post, ce n'est sans doute pas un drame.)
Cordialement,
Bertrand Ferrier.
Ecrit par : Bertrand Ferrier | 20.10.2009
Répondre à ce commentaireCher Bertrand Ferrier
Je vous remercie d'avoir si
promptement pris le temps de me
répondre. Je constate que
votre sens de la polémique est
très aiguisé, et qu'il laisse place
rapidement à une forme à peine
maîtrisée d'agressivité verbale
tout juste relevée par une pointe
d'humour que vous cherchez
dans le dictionnaire d'évidence,
si j'en crois le titre de votre
premier billet. Je vois également
que vous ignorez le sens péjoratif
dans le langage
courant de certains mots mais
je ne sais pas lire...
Bien évidemment, je ne vous
demande pas d'apprécier les
ouvrages dont je suis l'éditeur
ni même d'en faire la mention.
Mais d'ailleurs vous n'en parlez pas
dans votre billet, vous en restez
aux concepts, à une analyse
pseudo marketing (je vois que
vous prisez la langue de
Shakespeare) enfonçant
les portes ouvertes à grandes
enjambées sans vouloir prendre
même connaissance d'une réalité
qui n'est pas la votre. Tel un
spadassin de pacotille,
vous voilà vengeur
dès que l'on ose s'en prendre à
votre prose et en relever les
faiblesses et l'absence partielle de
fond.
Lorsque vous écriviez :
"Découvrez en
cliquant ici comment les produits
pour nostalgiques peuvent être
détournés, c'est-à-dire rentabilisés, à coût prohibitif - si 10 € pour 24 p., c'est pas
prohibitif..."
Je vous ai mal compris, je vous
en fais mes plus plates excuses
et prépare mon sac derechef
pour retourner apprendre à lire
entre les lignes.
Un dernier mot enfin, je ne doute
pas de la qualité des
enseignants cher Bertrand Ferrier,
ne vous y trompez pas il n'en a
même jamais été question
dans ma première intervention.
D'évidence vous ne savez pas lire
du tout non plus, nous voilà
à égalité si je vous lis bien...
Ne montez pas à votre tour sur
vos "grands chevreaux", vous
vous rabaisseriez à ma hauteur
et j'en serais sincèrement désolé
pour vous.
Je suis confus enfin de ne pas avoir
respecté par ce billet une tradition
vous laissant le dernier mot et
m'en excuse auprès de vous et
de tous les internautes.
Toujours cordialement
Pascal Galodé
Ecrit par : Pascal galode | 21.10.2009
Répondre à ce commentairePs au précédent message : Mille excuses, j'ai oublié de vous réitérer mon invitation, je serai heureux de vous croiser et j'ai cru comprendre que vous pourriez peut-être vous laisser tenté par l'air vivifiant du bord de mer. Téléphonez s'il vous plaît avant d'arriver au 02 99 56 39 28 afin que nous ne soyons pas pris au dépourvu et que vous ne trouviez point porte close. N'ayez crainte, je vous montrerai ce que sans doute vous ne voyez pas malgré tout votre savoir... Toujours cordialement
Pascal Galodé
Ecrit par : Pascal Galodé | 21.10.2009
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