12.10.2009

L'eût-il été ? De là, crie, tique !

CH.jpgEnfin, la critique des livres pour la jeunesse commence à susciter des travaux réflexifs dignes d'intérêt ! Après un premier mémoire de master 2 professionnel sur "la spécificité des revues professionnelles de littérature pour adolescents", voici que Sophie Pilaire nous présente son mémoire, soutenu en septembre 2009, sur "l'activité critique autour des romans pour adolescents en bibliothèque". Après avoir distingué quatre postures critiques (marchande, scolaire, professionnelle, "plaisir"), le mémoire observe les rôles de la critique comme outil de sélection et de médiation, avant de rappeler l'intérêt d'une critique spéculaire, c'est-à-dire d'une critique qui interroge elle-même son bien-fondé, sa pertinence et son utilité, en l'occurrence dans le travail de bibliothécaire (photo de la bibliothèque du Trinity College par Candida Höfer). Bientôt, l'on pourra donc critiquer la critique de la critique. Miam !
BF

07.10.2009

Quand l'homme rentre à la niche (écolo)

P.jpgAujourd'hui, le blog sauve la planète grâce à Nathalie Crivellaro ! Notre ex-étudiante de master 2 professionnel, diplômée cette année, a soutenu son mémoire avec Nasim Vahabi-Fatemi, sur La Sensibilisation à l'environnement dans l'édition jeunesse (sic) en France : les récits environnementaux.
L'écologie, arnaque éditoriale ou néo-messianisme vital qui fait pleurer les grands-mères et gagner les soixante-huitards revenus de curieuses préconisations sur l'initiation des enfants par des adultes ? Sur un sujet encore peu analysé, N. Crivellaro tâche de faire le point. Après une page de garde partagée entre Eskimos et albatros, elle analyse dans une première partie les liens entre l'homme, la nature et l'environnement tant dans son aspect textuel (les fictions) qu'éditorial (une niche). La seconde partie interroge la spécificité de cette production en évaluant son impact, ses propos et, à travers une expérimentation précise, ses modalités pratiques de réception. On trouvera le résultat de ces stimulantes recherches ici, et les annexes du travail .
BF

27.09.2009

Le moment critique

NVL.jpgÉvidemment, si la critique non-universitaire des livres pour la jeunesse vous intéresse, le mémoire soutenu par Déborah Durand sur Les Revues professionnelles de littérature pour la jeunesse et la spécificité des revues professionnelles de littérature pour adolescents (ill. couverture du n° 180 de Nous voulons lire !) risque de vous happer. Toutefois, son auteur, connu de nos lecteurs notamment pour son mémoire sur les ogres et son blog, n'a accepté de le mettre en ligne qu'à reculons. Selon elle, "la problématique est mal définie, le corpus n’est pas intelligemment délimité et les parties sont bancales et injustifiées." Sous ce déluge de feu, le sommaire paraît pourtant tenir debout en promettant une belle articulation entre enjeux, analyse et réception. Pour notre part, nous sommes heureux de mettre en ligne ce travail, certes perfectible mais abordant avec exigence un sujet rarement approfondi, et orné d'une très jolie illustration à droite de la page 9, ce qui n'est pas rien.
BF 

08.12.2008

Le prix du Tam-Tam

tam.gifL'attribution d'un prix, façon Goncourt, permet-elle de légitimer un livre pour la jeunesse ou n'est-elle qu'une piste marketing parmi d'autres pour promouvoir l'organisateur ? Pour son mémoire de master 2 professionnel, Laure-Elisabeth Bourdaud s'est livrée à une enquête approfondie et passionnante sur les "Rôles et attentes des acteurs de l'édition pour la jeunesse participant au prix Tam-Tam". Après une analyse du making of Tam-Tam, qui dépasse de loin l'ennuyeux descriptif historique attendu en interrogeant les mécanismes à l'oeuvre d'un point de vue diachronique et synchronique, l'ex-étudiante s'est penchée sans tomber sur les livres primés (premier choix, étapes de la sélection, décision finale) avant d'examiner les usages du prix Tam-Tam (effet label, appropriation du prix par les acteurs, autopromotion des organisateurs). Le tout est animé par une curiosité que portent une langue agréable à lire et un propos appuyé sur une documentation précise. Il serait donc dommage de ne point lire ce travail en trois parties : la première, la deuxième et, incroyable mais exact, la troisième.
BF

02.11.2008

Le théâtre pour la jeunesse en bibliothèque

ME.jpgParent pauvre des bibliothèques pour la jeunesse (et donc cousin de la poésie, par ex.), le théâtre peut néanmoins jouer un rôle dans la vie de ces institutions. C'est la thèse que défend Maud Blanquer dans son mémoire, dirigé par Catherine Ridé, à découvrir en cliquant ici. Son auteur tient à indiquer la note obtenue à sa soutenance (11/20) et préciser ce qui suit : "Mon mémoire permet d'avoir un aperçu de ce qu'est le théâtre pour la jeunesse, notamment des maisons d'édition qui ont une collection théâtre". Après une première partie proposant un état des lieux du théâtre, elle propose d'étudier quelques stratégies pour mettre en valeur un fonds dramatique dans les bibliothèques pour la jeunesse comme à la médiathèque d'Eybens (photo). Le tout constitue une profitable mise en appétit sur ce vaste sujet.
BF

20.10.2008

La poly-exploitation chez Hachette Jeunesse Collections Disney

WALLE.jpgVieux phénomène dominant l'édition actuelle pour la jeunesse, la poly-exploitation, c'est-à-dire la déclinaison d'une même marque dans plusieurs médias (par exemple le livre et l'audiovisuel), a rarement été étudiée d'aussi près que dans ce mémoire scrupuleux et et très informé, soutenu par Tania Saban dans le cadre du master 2 professionnel de littérature pour la jeunesse de l'université du Mans. De son stage en forme d'enquête mené chez Hachette Jeunesse Collections Disney, l'étudiante a rapporté cette étude précise qui examine de l'intérieur les questions liées à la livrisation (transformation en livres d'un film, par novélisation - pour les romans -, albumisation, documentarisation, etc.). Porté par une fascination évidente pour son objet d'études, Mlle Saban donne au lecteur, sans trancher de manière définitive, des éléments pour penser des notions aussi importantes que celles de critères de qualité, de limites du livre (par rapport au jouet, par ex.), de créativité dans le cadre de l'entertainment mass market... Les cyberlecteurs curieux de ce versant méconnu et pourtant essentiel de l'édition pour la jeunesse se reporteront donc avec profit à ce mémoire.
En avril 2009, Hachette Jeunesse Collections Disney a demandé le retrait du document à l'étudiante. Le mémoire n'est donc plus cyberconsultable, sauf sous le manteau. Moralité : couvrez-vous bien !
BF